Les élections permettent-elles de réellement débattre ?
La France, comme les autres Etats dits démocratiques, vit un intense moment de débats et de discussions au moment des élections présidentielles. Pourtant, au lieu de permettre d’imaginer un avenir commun on assiste à une division des français en clans, dont les idéologies semblent irréconciliables. Dans la logique de la Vème République, un de ces groupes prend alors le pouvoir pour cinq ans et organise la vie des français dans le sens des croyances et des solutions qui lui paraissent les plus justes. Pendant ce temps, les autres, attendent les nouvelles élections pour prendre à leur tour le pouvoir et imposer leur point de vue. La démocratie vivrait par cette alternance. Dans les faits, les politiques économiques menées depuis des décennies sont libérales, avec une teinte plus ou moins sociale, et un interventionnisme d’État variable selon les secteurs.
Nous pourrions penser que cette vie démocratique culmine lors des discussions de la présidentielle, mais au delà de l’effervescence médiatique, sommes nous réellement dans un moment de débat ? Il me semble qu’il est partiel et biaisé. D’abord la mise en forme et la diffusion font des élections un moment de spectacle. Même s’il y a des discussions qui confrontent des idéologies opposées, le débat présente de telles limites qu’il ne permet pas d’imaginer un avenir enthousiasmant pour l’ensemble de l’humanité, ou tout au moins du pays.
Ce sont ces constats qui m’amènent à partager ma réflexion.
1. Élections médiatiques : temps fort de la vie démocratique et match de foot
Les élections présidentielles sont à l’image de nos sociétés ultra-compétitives. Le langage et des comportements, tant des partisans que des commentateurs relèvent d’un champ lexical guerrier ou sportif, celui… de la compétition, pas de la coopération et du consensus.
Le système donne le pouvoir à celui qui obtient la majorité des voix. Cela ne me semble pas digne de l’intelligence humaine, parce que cela ne permet pas d’avancer dans la même direction. C’est la prise de pouvoir d’un groupe sur les autres. Cette forme exacerbée de lutte pour imposer ses idées aux autres contribue à une perte de sens de la vie terrestre, évacue les questions qui peuvent être essentielles et renforcent une idéologie de la soumission et de la domination.
D’un autre côté, l’avantage des élections c’est qu’elles permettent de relancer les discussions sur les directions à prendre. Il y a une envie populaire de s’approprier les choix d’un futur collectif.
C’est d’autant plus important qu’entre les élections présidentielles le débat semble éteint puisqu’un camp impose grosso-modo sa volonté.
Cependant cette période propice aux échanges, se fait dans une ambiance qui relève davantage du spectacle et j’ai souvent l’impression d’assister à une émission de télé-réalité où l’on doit éliminer tels ou tels joueurs. Les commentaires des journalistes relèvent davantage du sport-spectacle voire de la guerre, et la dramatisation qui accompagne ce temps fort de la vie collective, me semble éviter de rentrer dans les débats de fond. Ce premier point est essentiel pour comprendre la suite : les présidentielles sont organisées par des « communicants », c’est à dire des vendeurs. La publicité a pour but de vendre des produits peu importe la qualité. Or ce sont des méthodes de marketing qui sont appliquées aux candidats.
C’est pourquoi la présidentielle touche à l’absurde parce que le contenu, le programme et les idées ont bien souvent moins d’importance que le contenant, le candidat. On va mettre en avant son sourire, ses costumes, sa femme, ses réparties. Ou au contraire on va détester son attitude, sa façon de parler, etc. Finalement, on aime alors sa capacité à dominer l’autre non pas sur le plan des idées mais sur la forme. On attend les petites phrases, comme dans une pièce de théâtre ou une série télé. C’est du catch verbal.
Que faire pour sortir de ce cirque médiatique ?
Pour se faire nous devons opérer une évolution majeure et mettre au cœur du débat, la recherche de la vérité, non pas comme la soumission de la vérité des uns aux autres, mais comme l’évidence qu’elle est la direction commune souhaitée par tous.
2- Comment des vérités multiples permettent d’en faire gagner une
Chaque candidat propose sa vérité idéologique comme étant la seule qui permettra un avenir radieux.
2.1 Quelles sont les idéologies chez les différents candidats ?
Pour schématiser, il y a deux couples de vision qui s’opposent : - En ce qui concerne l’organisation économique et sociale, le protectionnisme économique où l’Etat a un rôle important fait face au libéralisme économique, où l’État n’intervient pas puisque la main invisible du marché organise l’économie. - En ce qui concerne la vie sociale, collective et individuelle on trouve les tenants d’un ordre, qui respectent des règles, les traditions, en particulier les valeurs morales de la religion chrétienne, face à un libéralisme social, c’est à dire le droit à vivre sa liberté individuelle au niveau des mœurs. C’est par exemple le droit à vivre son homosexualité. Cela a pour but de faire de chacun un citoyen du monde. (C’est l’idéal tel qu’il est promu, dans les faits le libéralisme peut transformer les citoyens en quasi esclave, comme en Chine ou dans les mines en Afrique).
Le tableau ci dessous permet de récapituler ce qui s’est joué, en ce qui concerne les 4 candidats (on pourrait ajouter Hamon avec Mélenchon).

 

Macron

Mélenchon

Fillon

LePen

Libéralisme économique

oui

non

oui

non

Libéralisme social

oui

oui

non

non

Protectionnisme économique

non

oui

non

oui

Traditionalisme

non

non

oui

oui

Quand on regarde les résultats du premier tour, on note qu’il y a 6 groupes en France : ceux qui n’ont pas voté, puis dans un mouchoir de poche les 4 « grands » candidats et un groupe mixte de « petits » candidats. Ces derniers fonctionnent aussi dans les idéologies libérales ou protection-tradition. Cependant ces petits candidats abordent des sujets sérieux, mais comme ils n’ont pas l’appui des communicants, ils discréditent les sujets qu’ils veulent défendre. D’ailleurs, on peut se demander si ce n’est pas leur fonction.
Cette grille de lecture montre que les enjeux sont bien plus complexe qu’une fracture droite/gauche.
Ainsi il y a des couples étonnants qui se forment :
- les programmes économiques de Mélenchon et LePen sont sur la même ligne
- Fillon et Le Pen sont sur la même longueur d’onde pour le respect d’un ordre moral chrétien.
- Macron et Fillon sont des libéraux économiques
- Macron et Mélenchon sont libéraux sur la question des mœurs.
2 .2 La question des reports des voix
Les votants du premier tour vont suivre Macron ou Le Pen en fonction de ce qu’il estime être leur priorité. Les classes populaires aux faibles revenus, précarisés par les effets de la mondialisation, comme pour les ouvriers à Whirlpool, se tourneront-ils vers Le Pen ? Leur besoin de sécurité semble passer avant les questions d’ordre moral.
Les votants de Mélenchon voient dans le libéralisme de Macron, la soumission au monopole des firmes et des banques mondialisées une forme de totalitarisme, qu’ils combattent autant que les projets d’ordre social de Le Pen.
Les Fillonistes comportent de nombreux catholiques traditionalistes pour qui l’ordre moral est la clé de voûte de la société. Ils peuvent se tourner vers Le Pen parce qu’ils ont l’impression que cet ordre est l’une des propositions clé du FN.
Si les candidats ont une idéologie de base qui leur permet de rassembler une partie de leur électorat, ils sont obligés de minimiser les effets négatifs de leur programme.
- Ainsi, Macron cherche à diminuer la violence du libéralisme, par un certain volontarisme et un optimisme un peu forcé. Il minimise les bénéfices que retirent les dirigeants des firmes multinationales au dépend des populations. L’état de pauvreté d’une partie de la population anglaise et américaine montre les effets délétères du libéralisme au service des riches et de l’oligarchie financière.
- Le Pen minimise les effets du protectionnisme économique, semblant oublier les liens de dépendance de notre société au reste du monde. Nous avons besoin de matières premières que nous ne produisons pas (énergie, nourriture, etc.). Le modèle Russe qui plaît chez les tenants de l’ordre social et économique oublie deux choses. Poutine est à la tête d’un pays-continent dont les réserves énergétiques sont considérables. Le peuple bénéfice d’une énergie bon marché, ce qui fait que la Russie consomme les 3/4 de l’énergie qu’elle extrait. Poutine est en place parce qu’il a fait alliance avec l’oligarchie du pétrole (la domine-t-il ? C’est une autre question).
Ainsi chaque modèle de société est proposé comme un produit au supermarché, chaque candidat vante les avantages de son système et critique les inconvénients de l’autre.
- Si l’on est partisan de l’ordre et qu’on pense que la hiérarchie et l’autorité sont nécessaire, alors on choisi le candidat qui propose un État qui organise la vie économique, et propose une vie sociale de la conformité et de la norme. L’arrivée d’étrangers est vécue comme un danger et une menace de son identité.
- Si on aime la sécurité, on choisi le candidat qui propose que l’État protège les plus faibles. C’est le modèle de l’État-providence qui est mis en avant face au modèle utlra-libéral. Ce dernier fait la promotion de la liberté d’entreprendre et pour libérer la créativité et le potentiel des habitants soumis aux contraintes de l’Etat. L’identité chez les libéraux, c’est le monde, d’où la promotion de l’Europe et de l’ONU.
3- Les limites des idéologies
3.1 Les dérives des systèmes
Les limites de chaque système sont connues.
- Ainsi dans les régimes communistes, comme en Chine aujourd’hui, un dévoiement de l’idéal de partage, s’est transformé en machinerie meurtrière. Il reste l’autoritarisme et le dirigisme pour le peuple, rendu à l’état de quasi esclaves, et l’essentiel des bénéfices profite aux dirigeants.
- Le système communiste soviétique par ses pesanteurs et lourdeurs a mené à la catastrophe nucléaire sans précédent de Tchernobyl et à la disparition d’une mer, celle d’Aral.
- Le Japon qui se veut libéral sur le plan économique (il est aussi dirigiste) a connu une catastrophe sans précédent, avec Fukushima. Il s’agit ici d’un libéralisme dévoyé (si tant est qu’il existe un libéralisme pur) parce que les firmes multinationales du nucléaire avaient la main mise sur les choix énergétiques du pays. Pour ce pays, on pourrait aussi parler des pollutions marines à cause de l’industrie. Bref libéralisme ou dirigisme présentent des limites.
3.2 Les contradictions internes des programmes
Chaque candidat porte des contradictions qui révèle la difficulté à n’être libéral ou que dirigiste.
- Les partisans de l’ordre moral que sont Fillon et Le Pen proposent un modèle social fondé sur l’idée de hiérarchie et d’autorité. Quand ce n’est pas un retour aux temps anciens, c’est un statut quo qui est proposé. Or ce modèle ne tient pas avec les aspirations de la population. Dans le modèle chrétien ancien, les femmes n’ont qu’une place de femme de ménage, de génitrice, de nourrice et d’éducatrice. Les lois anciennes les maintiennent en état d’infériorité par rapport aux hommes, c’est un système patriarcal. Or Marine Le Pen est une femme qui s’est émancipée de l’autorité morale de son père (qu’elle a exclu). Elle se retrouve donc dans une situation illogique de faire la promotion d’un ordre patriarcal qui, s’il existait ne lui aurait pas permis de faire ce qu’elle fait.
Fillon est un représentant de cet ordre moral bourgeois de province, avec son château, sa femme et ses 5 enfants. Or tout a explosé parce qu’il a justement rémunéré sa femme et ses enfants. Or dans un reportage on la voit dire qu’elle n’est que mère au foyer et que cela lui pèse… pour ensuite apprendre qu’elle aurait travaillé au côté de son mari. C’est une caricature de la femme soumise à l’autorité de son mari, qui ment pour le protéger.
Le vote Fillon concentre les électeurs âgés… ceux qui souhaitent conserver l’ordre moral qu’ils ont toujours connu. Ils souhaitent aussi en garder les avantages, la retraite et la sécurité sociale, qui justement leur a permis de vivre dans des conditions agréables.
- Les contradictions de Macron sont bien évidement nombreuses. Le libéralisme qu’il souhaite ne profite pas aux ouvriers et aux classes populaires. Si dans un premier temps les objets de consommation sont moins chers, dans un deuxième temps se pose la question de qui peut les acheter, puisque le chômage explose à cause des délocalisations. L’art du libéralisme c’est d’associer promouvoir l’idée de liberté, mais en réalité c’est un moyen de réduire les protections des ouvriers, des consommateurs et de l’environnement. Dans un monde idéal, avec des humains conscients et responsables de leurs actes, on pourrait imaginer des entreprises coopératives respectant la vie des hommes. Mais ce n’est pas le cas, les humains ne semblent pas avoir achevé leur maturation cérébrale, et étant élevés de manière violente(1), ils sont coupés de leur ressentis, de leur intelligence, de leur nature profonde.
- Les contradictions de Mélenchon existent aussi. Le contrôle de l’État dans tous les domaines de la vie, même s’il protège, peut mener à une forme de dictature. Il y a un domaine où la proposition était illogique. Il souhaitait la liberté d’apprendre, or il voulait une école où tout le monde apprend la même chose au même moment…C’est donc un sujet qui mérite un approfondissement. La liberté d’apprendre n’est-elle pas de laisser les enfants choisir ce qui les intéresse et de les laisser apprendre à leur rythme ? Le rôle des adultes, n’est-il pas de proposer et de donner un cadre qui permettent à l’enthousiasme naturel de l’enfant de l’amener à découvrir le vaste monde ?(2)
4. L’adhésion à une idéologie mortifère : capitalisme sans limites et matérialisme scientiste
Les candidats se présentent comme des alternatives au système alors qu’il en valide pourtant complètement les grands fondements. En effet, tous se reconnaissent dans l’idée que les progrès technologiques et scientifiques sont la voie à suivre, et évitent plusieurs sujets tabous. Les médias et les dirigeants les considèrent comme des thèmes mineurs ou comme des questions d’hurluberlus parce que soit disant réglés.
1- L’écologie comme remise en cause de la croissance infinie 2- La transcendance comme critique du matérialisme 3- Le paranormal comme déconstruction du scientisme 4- La liberté d’apprendre comme critique de l’école de la soumission des masses
4.1- L’écologie comme remise en cause de la croissance infinie
Comment peut-on faire de l’écologie un sujet mineur ? La destruction de la planète est irrationnelle, puisqu’elle est la base de la survie de notre espèce. Comment ensuite parler de culture ou de civilisation si le monde est une poubelle radioactive à ciel ouvert ?
Des quatre premiers candidats, seul Mélenchon avait un projet profondément écologique. Les enjeux actuels de la pollution de notre société par elle-même, bref notre autodestruction était réellement abordée. Pour les autres, il n’y a pas d’écologie… même si Macron a été rallié par des écologistes, c’est davantage par son potentiel à gagner des voix que par sa clarté sur ce sujet. Ce n’est pas le cœur de son projet, puisqu’il dit qu’il fera la promotion des énergies renouvelables en revoyant le code du travail. Il crée un lien de toute pièce entre la nécessité de déréguler les conditions de travail pour faire de l’écologie.
L’écologie pose de multiples questions et remet en question l’idée que nous pourrions continuer à vivre avec un modèle où les ressources sont illimitées, et les effets de nos activités sans conséquences.
- Elle remet en question le capitalisme non régulé tel qu’il est aujourd’hui, et ne permet pas de croire en la croissance infinie de la consommation. La planète a des ressources et une capacité d’absorption de la pollution limitées.
- Les élections fonctionnent sur les peurs, chaque candidat répondant aux peurs des électeurs. On peut trouver trois grandes peurs : celle de la destruction de la planète, celle de l’invasion par l’étranger, et celle de manquer de nourriture, d’un logement, etc . Elles sont toutes liées à la sécurité, et fonctionnent de manière concentriques, la peur liée à la planète est la plus lointaine des personnes, donc la moins palpable. Ainsi les effets du réchauffement climatique, s’ils sont visibles, n’en demeurent pas moins minorés parce qu’ils se font progressivement et qu’ils n’empêchent pas aux activités habituelles de nos sociétés riches de se poursuivre. Certes, il fait plus chaud, mais qui s’en plaindra. Les premiers touchés sont les plus vulnérables, et pas forcément ceux qu’on va entendre.
Les risques planétaires sont lointains ou surréalistes. On aura beau expliquer que l’arrêt des centrales nucléaires est une urgence parce que le risque est tel, qu’une catastrophe nucléaire rendrait tout les autres sujets très secondaires, c’est inaudible parce que les catastrophes ont été rares et lointaines. De plus les radiations ça ne se voit pas et ça ne se sent pas… Jusqu’à un certain seuil. A l’image des autres pollutions chimiques, ou par les ondes, les effets sont difficiles à voir avant que les effets délétères affectent les populations… sauf dans les cas graves type Seveso.
- Comme nous vivons dans un monde où les médias dominants et les dirigeants mentent avec un aplomb incroyable. Le mensonge des médias et de l’état français au moment de Tchernobyl a été visible et a révélé la réalité aux français. Pourtant, dans sa majorité le peuple sait que le nucléaire peut-être dangereux, mais il préfère croire dans la propagande qui dit que chez nous, tout est sous contrôle. Évidement les Soviétiques et les Japonnais pensaient la même chose avant leur catastrophe.
Si les Français, aidés par des autorités réellement compétentes et à leur service, et non pas dominé par une oligarchie cynique, pouvaient penser de manière juste et non émotionnelle, ils comprendraient que la priorité c’est de de s’occuper de ce qui est le plus dangereux, parce que cela menace la poursuite de la vie même. Or c’est l’inverse qui se produit.
Nous sommes dans un monde extrêmement pollué et on continue à faire comme si la planète était dans un état parfait !
Ce déni écologique est d’autant plus importants que les grands médias sont aux mains de l’oligarchie financière, qui n’a pas intérêt à ce que les individus prennent conscience de cet enjeu majeur. D’ailleurs ce dernier est rendu ridicule par des : « sans nucléaire, c’est le retour à la bougie ». Le probable futur président Macron a une vision qui résume la pensée des élites française, un mélange de croyance dans la technologie : "Nous croyons au nucléaire, non pas parce que c’est un héritage du passé mais parce qu’il est au cœur de notre politique industrielle, climatique et énergétique. Pas le nucléaire actuel, mais le nucléaire à venir. Le nucléaire, c’est le rêve prométhéen !"(3)
4.2 La transcendance comme critique du matérialisme
Si l’écologie (et le risque nucléaire) remet en cause la croissance, il y a un sujet tabou qui dépasse encore l’écologie, il n’est pas présent dans la campagne. C’est justement la question de la transcendance, ou de la question spirituelle. Dans la France de 2017 c’est un sujet qui relève de la sphère privée. Dieu existe-t-il ? Faut-il croire dans une religion, être athée, agnostique ? En réalité, nous vivons dans une religion celle du matérialisme scientiste. Nous croyons que la science et la technologie doivent pouvoir sauver l’humanité des périls qui la menacent. L’être humain n’a jusqu’à présent pu survivre que parce qu’il a utilisé ses facultés cognitives et a su agir de manière collective et coopérative. Il est donc normal que nous pensions que, ce qui nous a permis de développer un mode de vie garantissant notre sécurité matérielle, soit l’aboutissement de nos civilisations.
Les religions, leurs croyances et leurs dogmes apparaissent pour une majorité de français comme désuètes, et dangereuses quand elles imposent leurs vues par la force. Nous avons encore en mémoire les souffrances des guerres faites au nom des religions. Et la venue de quelques djhadistes fanatisés crée un mouvement de rejet de l’islam… assimilé à tord à toute la population arabe récemment immigrée. Il y a là aussi un double déni. La gauche française continue a minimiser l’islamisation de certains quartiers des villes. Et la droite et l’extrême droite refuse de voir qu’une partie des populations récemment immigrées ont une culture musulmane, mais ont intégré les us et coutumes d’un pays laïc.
L’origine des djihadistes est certes économique : la misère dans laquelle ils ont grandi, dans des cités- ghettos, exclus de la richesse environnante, rejetés parce qu’arabes, les a poussé dans les bras de l’islam fanatique. A mon sens toutes les religions sont fanatiques, puisqu’elles demandent à leurs fidèles d’obéir et de respecter les règles et les croyances établies… un peu comme un fan adore son idole. Heureusement, il y a des fans tranquilles dont l’idole leur dit d’être aimant envers leur prochain. L’explication de l’exclusion économique comme dérive violente et religieuse est simplificatrice. Il y a à cela, au moins deux autres raisons. Les adultes qui deviennent violents, le sont devenus dans leur enfance par l’éducation qu’ils ont reçus. Or dans nos sociétés les violences ordinaires et la soumission scolaire engendre l’idée que pour se faire respecter on doit recourir à la force violente. Cette situation est exacerbée par la mise en concurrence des individus avec le capitalisme libéral. La deuxième raison, c’est que le sens de l’existence échappe aux enfants des ghettos. La société leur propose de consommer et d’avoir des biens matériels pour devenir heureux. C’est méconnaître l’esprit humain, qui a besoin de transcendance, c’est à dire se sentir que si son existence est unique, elle a un sens. Si l’athéisme matérialiste ouvre la voie pour sortir des religions, il se doit de proposer de chercher le sens de l’inconnu qu’est la vie. Sinon il laisse la place au religieux fanatiques.
Les enfants des cités-ghettos ne seraient-ils pas en quête de sens ? Leur malaise ne viendrait-il pas d’une addiction à la violence qui masque un profond malaise (des traumatismes d’enfance et une vie vide de sens) ?(4) Nos sociétés n’ont répondu à ces questions que par le matérialisme.
Il me semble que l’athéisme et le matérialisme n’ont pas une approche réellement scientifique de la vie. Ils relèvent d’un dogmatisme scientiste. C’est à dire qu’ils se sont persuadé que la science positiviste (celle du XIXème siècle d’Auguste Comte) est la seule vérité.
4.3 Le paranormal comme déconstruction du scientisme
Le scientisme se veut une approche raisonnée et cartésienne du réel et de la vie. Il s’agit de chercher les lois scientifiques qui expliquent le fonctionnement du monde : lois de la gravité newtonnienne, théorie de la relativité d’Einstein, etc. Si cette approche doit beaucoup à Descartes, qui proposait d’aborder des sujets de manière rigoureuse pour contrer les croyances religieuses, en ce début de XXIème siècle et depuis la fin du XVIIIème, certains phénomènes sont dits paranormaux. La métapsychique c’est, au début du XXème, engagée dans une exploration scientifique de ces derniers. Or au lieu d’amener à l’élaboration de nouvelles lois d’explication du réel, les phénomènes psi, la question des OVNIs qui relèvent du paranormal sont discrédités par la communauté scientifique. Pourtant tous ces phénomènes ont été étudiés avec rigueur et sérieux et montrent qu’il y a autre chose : des phénomènes pas encore expliqués. Par un effet, de moquerie, de critique des méthodes d’investigation des études scientifiques et par la dénégation, le paranormal est une question taboue, un non-sujet, soit-disant réservé à des farfelus. La même chose se produit quand des scientifiques essayent de prouver les dangers des OGMs(5), des pesticides(6), des ondes, des nanotechnologies, du nucléaire, etc. L’histoire de l’amiante est exemplaire du refus d’en reconnaître le danger pendant presque 40 ans. Une des premières scientifiques, Rachel Carson dans Printemps silencieux, alertait aux Etats-Unis des dangers des pesticides en 1963. Elle a été accusée d’être une communiste pour discréditer ses propos.
C’est la même chose dans le paranormal où les études scientifiques qui sont menées depuis une centaine d’année sont rigoureuses, n’en déplaise à leurs détracteurs, qui s’évertuent à trouver des biais ou des erreurs(7). L’investissement consenti pour ces recherches est ridicule quand on le compare à l’argent dépensé pour la recherche nucléaire, chimique, etc.
Pour ceux qui doutent encore de la réalité des phénomènes paranormaux, je les invite à aller sur le site de l’IMI (l’institut métapsychique international) ou de l’institut Noesis en Suisse. En ce qui concerne le phénomène Ovni les rapports du Geipan8 et les travaux de Jacques Vallée(9) sont intéressants. Je ne peux pas ici à apporter la preuve, en quelques phrases de la réalité des phénomènes. La connaissance est disponible (j’écrirais peut-être un article pour donner des pistes de lecture). Ainsi, malgré le faible intérêt de la science officielle, il y a une quantité de preuves nous permettant de quitter le scientisme rationaliste. Il y a dans le paranormal des pistes incroyables quand à l’évolution de l’humanité : que pourrions nous faire de nos pouvoirs sur la matière ? Que faire de notre télépathie, de notre vision à distance, de notre prémonition ? Comment intégrer les visites d’OVNIs en particulier au dessus des centrales nucléaires ?(10) Avons nous besoin de manger, si d’ores et déjà il y a des humains qui ne mangent plus de nourriture solide ?
Ce sont des questions qui bousculent notre monde, nos croyances qui devraient nous amener à revoir les paradigmes du rationalisme scientiste et du capitalisme sans limite.
4.4 La liberté d’apprendre comme critique de l’école moyen de soumission des masses
La question de l’école et de l’éducation est centrale parce qu’elle assure l’adhésion des futurs adultes au système. C’est pourquoi finalement dans la campagne actuelle, on va le voir, il y a des divergences mais finalement assez minimes.
L’idée répandue c’est que l’école est une nécessité pour accéder au développement, à la richesse et au bonheur des peuples. Pourtant ce n’est pas l’école qui est nécessaire, c’est la connaissance. L’acquisition de la connaissance ne passe pas nécessairement par l’école. Cette dernière dans tous les systèmes présentés s’est arrogée le contrôle de la connaissance et des modalités d’apprentissage.
Y a t il des différences entre le système libéral et le système autoritaire ?
Dans les deux cas, les systèmes éducatifs répondent à une triple demande : - fournir une élite capable de créer les outils et les moyens de rester dominant face aux autres puissances (c’est ce qu’en langage libéral on appelle la compétitivité) - maintenir les classes dominantes à la tête du pays - rendre les populations soumises et dociles tout en leur faisant croire qu’elles ont reçu la meilleure éducation du monde.
Les expériences d’apprentissages autonomes, c’est à dire qui ne suivent aucun programme et aucune consigne des dirigeants, montrent que les enfants apprennent mieux et plus, pour autant qu’on leur permettent de le faire dans un cadre qui s’y prête.
Les exemples d’enfants élevés en unscholling, des écoles Sudbury (ou école démocratique) aux Etats-Unis, des cas de Célestin Freinet et de Bernard Collot en France, de Summerhill en Angleterre, des écoles mutualisées au XIXème en France… montrent : - que les enfants sont enthousiastes à apprendre, si on les laisse libres - qu’ils deviennent des adultes épanouis, créatifs et indépendants - et que ce n’est pas une lubie de pédagogistes farfelus.
Alors pourquoi ces faits sont ignorés ? Les États qu’ils soient libéraux ou « forts » maintiennent le peuple en état de soumission. Chacun s’y prend à sa manière. Dans les pays libéraux, le système éducatif étatique est de médiocre qualité, l’école est privatisée, permettant aux riches de garder la main. Dans les états dirigistes, un système de récompenses, une hiérarchie stricte, une compétition de chaque instant permettent aux enfants de l’élite de rester dans la classe dirigeante.
Ainsi régulièrement sont publiés des comparatifs des systèmes scolaires (test PISA) et ils montrent la réussite de deux modèles opposés : Hong-Kong et l’autoritarisme face à la Finlande. Dans le premier pays, l’école organise une véritable sélection, sur un modèle militaire. Dans le deuxième, c’est un mélange de libéralisme et d’État providence il n’y a pas de pression de notes, la progression des enfants est respectée.
Avec les connaissances actuelles sur l’apprentissage on pourrait imaginer de « libéraliser » l’école, c’est à dire de créer des lieux d’apprentissage de 3 à 19 ans où même les parents seraient les bienvenus, et où il n’y aurait pas de programmes, car les enfants apprendrait en jouant. C’est contraire à tous les candidats français actuels. En fait la question éducative n’est pas un sous thème mineur, c’est un enjeu majeur. Les fondateurs de l’école Républicaine étaient clairs sur ce sujet. Pour Jules Ferry et Paul Bert aussi 1882 : « nous attribuons à l'Etat le seul rôle qu'il puisse avoir en matière d'enseignement et d'éducation, seul l'Etat a le droit d'éduquer » et l’école doit donner « une pensée unique, une foi commune pour un peuple »(11).
Un peuple libre de penser est un peuple qui a goûté à la liberté d’apprendre dans son enfance et qui a expérimenté son pouvoir d’agir et d’interagir avec les autres de manière autonome, sans la contrainte d’une force supérieure qui lui aurait dicté la conduite à suivre.
Revenons aux élections : aucun candidat n’aborde les sujets de l’écologie, de la transcendance et de l’apprentissage, sauf Mélenchon (et Hamon) avec le nucléaire et l’agriculture bio. (C’est le thème privilégié des écologistes depuis 40 ans, avec René Dumont, avec un insuccès total).
C’est à dire qu’on reste dans une élection où les débats n’abordent que certains sujets, qui opposent des idéologies sans affiner leurs contradictions et leurs limites, le tout dans un cadre matérialiste-scientiste.
La médiatisation de l’élection devenue une série de télé-réalité, évite de réellement débattre, en particulier des questions d’écologie et de métaphysique (incluant le paranormal). Il me semble que nous avons à ne pas rester hypnotisé par le spectacle politico-sportif, pour nous approprier le débat…
Comment ? Ce sera l’objet d’un prochain article.
1 Alice Miller, 2009, L’essentiel d’Alice Miller, éd. Flammarion
2 André Stern, 2011, Et je ne suis jamais allé à l’école, éd. Acte Sud et Semeurs d’enthousiasme, 2014, Manifeste pour une écologie de l’enfance Peter Gray, 2016, Libre pour apprendre, éd. Actes Sud
4 Daniel Favre, 2016, Éduquer à l'incertitude Élèves, enseignants : comment sortir du piège du dogmatisme ?, éd. Dunod
5 Gilles-Eric SERALINI, 2012, Tous cobayes, OGM, pesticides, produits chimiques, éd. Flammarion et Marie-Monique ROBIN, 2008, Le monde selon Monsanto, éd. La découverte, Arte éditions
6 Fabrice NICOLINO et François VEILLERETTE, 2007, Pesticides, Révélations sur un scandale français, éd. Fayard
7 Bertrand MEHEUST, La Politique de l’oxymore, Les Empêcheurs de Penser en Rond, mars 2009 ou Devenez savants : découvrez les sorciers - lettre à George Charpak, Dervy, 2004 en réponse au livre Devenez sorciers, devenez savants de Georges Charpak et Henri Broch.
8 Travaux entre autre de Michel Vaillant du Geipan
9 Emmanuel-Juste Duits et Eric Raulet, 2002, colloque, Paranormal entre mythes et réalité, éd. Dervy
10 Il y a quelques années en 2012, un journaliste avait filmé un OVNI au dessus de la centrale de Cattenom (http://www.nexus.fr/…/un-ovni-a-survole-la-centrale-de-cat…/), qui avait déjà reçu des visites : http://www.lalsace.fr/…/lorraine-apres-les-drones-un-ovni-a…
11 Voir Blog de Bernard Collot

Accompagner ses enfants

Il y a un questionnement récurrent sur la façon dont il "faudrait" s'occuper de l'accompagnement de nos enfants. Voici queqlues points de vue, qui je pense, permettront de mener nos réflexions plus loin.

Léandre Bergeron, Comme des invitées de marque

« Jamais je n'ai exigé que mes filles exécutent quelque corvée que ce soit, comme faire la vaisselle, rentrer du bois ou mettre de l'ordre dans leurs chambres. J'ai toujours été convaincu qu'un individu qui fait un travail quelconque sans conviction ou sans satisfaction, par obligation, par « devoir », pour « apprendre à faire sa part », pour tout autre raison que le plaisir de faire, est comme un forçat qui casse des pierres en pensent bien sûr aux crânes de ses gardiens. Un enfant qui doit faire une tâche pour « apprendre à travailler » n'apprend rien de plus que l'obéissance. Et l'obéissance c'est la décentration, l'aliénation (devenir autre que ce qu'on est). Qu'est-ce qu'une enfant apprend à laver la vaisselle quand, en fait, elle veut être dehors à courir, jouer, s'amuser ? Elle apprend la frustration. Et la frustration, quoi de plus aliénant ?
Je me suis dit, quand mes filles étaient petites, que jamais elles ne devraient faire des travaux sans conviction, que si elles voulaient m'aider à accomplir des tâches toujours plus nombreuses dans une petite ferme, libre à elles, j'en serais ravi, mais que, si elles se tannaient ou sentaient l'effort trop grand, elles pouvaient toujours  décrocher et aller faire autre chose. (…) J'ai parié contre tous ceux qui sont convaincus qu'il faut qu'on soumette les enfants à des tâches pour qu'ils apprennent à travailler. Et j'ai gagné mon pari. Moins on leur demande, plus les enfants en font. Oh, ça peut prendre du temps et quelque-fois c'est presque déséspérant. »

Léandre Bergeron, 2002, Comme des invitées de marque, éd trois pistoles, p 66-67

Peter Gray, Libre pour apprendre

«  En règle générale, les enfants n'aiment pas l'école. Cela est confirmé, si besoin, par une large étude menée il y a quelques années, qui montrait que, de tous les endroits où les enfants passaient un temps significatif chaque semaine, l'école était celui où leur bien-être était le moindre. Quand les enfants aiment l'école, c'est généralement parce qu'ils y voient leur amis et non à cause des enseignements. Le caractère cauchemardesque de l'école est un sujet de plaisanterie dans tous les pays où la loi oblige les enfants à y aller, et pas seulement dans le nôtre. C'est un poncif des bandes dessinées, où, à chaque rentrée, les enfants sont au désespoir tandis que les parents (apparemment lassés de la présence de leurs rejetons) se réjouissent, et inversement la veille des grandes vacances. Pourtant, si on traitait les adultes comme on traite les enfants à l'école, personne ne trouverait ça drôle. »in Peter Gray, 2011, Libre pour apprendre, éd. Actes sud, p 101.

Jean-Pierre Lepri, La fin de l'éducation ? Commencements...

« La relation dominateur-soumis, exploiteur-esclave… existe depuis des millénaires. Pour autant, ce n'est pas une fatalité, et en sortir n'est pas une utopie. Un autre type de relation est parfaitement possible, sous des modalités diverses.
Ce qui met en place la relation dominateur-soumis depuis l'enfance et qui la cultive par la suite, c'est l'éducation. Toutes les éducations : en famille, à l'école, dans la rue, au travail, à la télé, dans la presse, entre amis… qu'on les appelle initiale, continuée, perfectionnement, populaire, citoyenne… qu'elles se qualifient de libératrice, émancipatrice, alternative, nouvelle, moderne, de l'an 3000… Quelqu'un y guide, oriente, facilite, aide… un autre, lequel est guidé, orienté, « facilité », aidé… Ce simple mode de relation entre deux personnes, sous-jacent à toutes les éducations, est la matrice de la reltion de dominance.
De ce point de vue, la « conscientisation » ou le « développement » (le développement personnel par exemple) ne sont qu'un changement du contenu de l'éducation. Ce ne sont que d'autres modalités du même schéma éducatif, porteuses donc de la même structure sous-jacente – l'intention d'un éducateur pour et sur un éduqué. Elles auront donc les mêmes effets ou conséquences. Une « autre » éducation ne fera que prolonger ou renforcer la même situation.
L'éducation, elle-même et en soi, est le problème : elle ne peut en être sa solution.
La solution ne réside donc pas dans une énième éducation alternative, mais dans une alternative à l'éducation.
L'alternative à l'éducation, c'est l'apprendre. Dans l'apprendre, il n'y a plus qu'une seule personne, celle qui apprend. Même si, bien entendu, elle apprend aussi des autres, ce n'est pas du tout la même situation. L'éducation est centrée sur l'éducateur. Apprendre est centré sur l'apprenant. Celui-ci apprend de son entourage, lequel est composé de personnes qui  ont une expérience de la vie et des savoirs – et non, c'est bien différent, d'éducateurs qui l'éduquent. Apprendre est inhérent à la vie humaine, tout simplement parce que l'être humain est doté d'une mémoire et d'une volonté. Il retient ce qui lui convient, pour, le moment venu, le rechercher, comme il retient ce qui ne lui convient pas, pour l'éviter. Ce qui le guide dans la nature de ses mémorisations et dans la manifestation de ses volontés, c'est son instinct de survie, une sorte de force vitale, sur laquelle son intellect n'a aucun pouvoir. Il intellectualise par la suite, ces expériences – ou pas. Mais il a appris. Apprendre , c'est donc vvre – et, inversement, vivre c'est apprendre – sinon je ne survis pas.  (…) Apprendre est plutôt le fond « naturel » de tout être humain. (…) C'est parce qu'il est privé de son apprendre naturel (par l'éducation) que l'homme peut croire qu'il a « besoin » d'éducation pour apprendre. » in Jean-Pierre Lepri, 2014, La fin de l'éducation ? Commencements…, éd. Myriadis, p 84-85



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Complexité des points de vue

Le Pirette Ailleurs - RTL-TVI - 27 Septembre 2015 - François Pirette (Thierry Van Cauberg) - Sketche "Les Migrants" avec James Deano

 

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David Vallat plaide pour une lutte sans merci contre l'islamisme radical en France, et dénonce la chape de plomb qui pèse sur le sujet et l'immobilisme des pouvoirs publics.

Août 1995 : le Français David Vallat, 23 ans, est arrêté pour son implication dans les réseaux GIA qui terrorisent alors la France (attentats du RER St Michel). Il fait partie de cette première génération de djihadistes français, fréquentant Khaled Kelkal, Ali Touchent ou Boualem Bensaïd. Il passera cinq ans derrière les barreaux. Dans Terreur de jeunesse, l'ex-djihadiste repenti témoigne de sa radicalisation et de sa "guérison" progressive grâce notamment à la découverte de la lecture en prison. Il plaide pour une lutte sans merci contre l'islamisme radical en France, dénonce la chape de plomb qui pèse sur le sujet et l'immobilisme des pouvoirs publics.

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Lettre ouverte d'un habitant de Sevran à France 2

Mercredi 7 décembre, dans son journal de 20h, France 2 consacrait un reportage à Sevran (Seine-Saint-Denis) dans un bar de la ville où la présence de femmes n’est pas la bienvenue. Voici ici la lettre ouverte d’un habitant de Sevran suite à la diffusion de ce reportage.

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Éduquer à l'incertitude
Élèves, enseignants : comment sortir du piège du dogmatisme ? Daniel Favre, chez Dunod

En banlieue, l’islamisme élémentaire (1/2)

Nayla, tu veux te présenter ?

Je suis institutrice volontairement précaire (en fait on dit maintenant « Professeur des écoles » tant on n’institue plus grand-chose...), française, née en France au début des années 70 de parents d’origine maghrébine et musulmane. Je fais essentiellement des remplacements de congés maladie, de dépressions, de congés maternité, etc., remplacements dont la durée varie de trois jours à la totalité de l’année scolaire. Je travaille dans les banlieues « populaires » d’une grande agglomération. Donc je vole comme ça, depuis environ 6 ans, d’école en école, maternelles mais surtout élémen­taires. J’ai dû en faire plus d’une quarantaine en tout... Donc des enfants qui ont entre 3 et 12 ans.

La suite sur Collectif lieux communs

 


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