L’amour de l’amour

L’amour de l’amour

 

Si nous ne sommes qu’Amour, comment se fait-il qu’autour de nous, il y a tant de haine, de violences et de souffrances ? Devrions-nous nous répéter encore et encore que nous sommes qu’Amour ?


Pourquoi l’humanité ne fait-elle pas preuve d’une plus grande maturité affective ?

C’est d'autant plus dommage, que l’Homme semble fait pour aimer et partager de l’amour.

Les bébés et les petits enfants ont encore dans le regard la profondeur d’un amour puissant.

Nous ne pouvons pas nous forcer à aimer. Nous aimons…

Aimer est un état intérieur, tout comme la joie, la sérénité ou la puissance.

En revanche, nous pouvons comprendre et nous libérer de ce qui nous entrave et nous empêche d’aimer. Nous pouvons nous entraider et partager notre humanité pour retrouver notre nature profonde, aimante.

L’amour mérite qu’on s’y intéresse. Il est au cœur de l’humain, dans son cœur et aussi dans la chimie de son cerveau et dans l’invisible de son âme.

L’amour est une chose très sérieuse et pourtant si légère puisqu’il donne des ailes.

L’amour est un mot à définir, un mot tellement riche que les grecs lui avaient donné plusieurs sens : 

1. « Eros » ou l’amour érotique
2. « Philia » ou l’amour affectueux ou l’amitié
3. « Storge » ou l’amour familial
4. « Ludus » ou l’amour ludique et joueur
5. « Mania » ou l’amour obsessionnel
6. « Pragma » ou l’amour éternel
7. « Philautia » ou l’amour de soi, l’amour propre
8. « Agapè » ou l’amour désintéressé

L’amour est un état intérieur que l’on ressent. Il est graduel dans son intensité et variable dans ses formes.

Il y a des choses que j’aime. J’aime les arbres, les fraises, le son de la guitare, etc.

Il y a des actions ou des comportements que j’aime : j’aime bavarder avec des amis, jouer au foot avec des amis, me balader en forêt, rouler en voiture, etc.

Il y a des personnes que j’aime : j’aime mon chat, j’aime mes enfants, j’aime ma femme, j’aime mes collègues de bureau. En principe, la personne la plus importante que j’aime, c’est moi.

En plus d’être un état, l’amour est aussi une chose qu’on aime bien pratiquer. Nous sommes nombreux à aimer faire l’amour. Du coup, certains aiment se retrouver au moins à deux pour le faire, parfois à bien plus. Quand l’état d’amour et l’acte d’amour sont réunis, ce sont des moments que l’on aime, parce qu’on est inondé d’amour. L’amour mène à la  jouissance.


L’amour est parfois contradictoire. Ainsi, je peux aimer rouler en voiture. Mais comme j’aime aussi prendre soin de la vie sur terre, je n’aime pas rouler en voiture, cela pollue. Quelle contradiction : alors que j’aime les sensations que me procurent la conduite, je dois choisir ce que j’aime le plus. J’espère alors que ma frustration à me passer de voiture se compense par mon plaisir d’aimer la vie sur terre. Sinon je risque d’aimer les plaisirs faciles et d’oublier mon immense amour pour la Terre, qui m’invite à prendre soin de toutes les formes de vie.

Je trie donc en permanence dans mes amours.

Parfois, je peux sentir que j’aime la haine. Comme l’écrit une amie proche et sage, Sophie  “la haine me nourrit… comme l'amour m'inonde ... J'aime l'état haineux qui me donne l'impression d'exister par ma colère...car j'ai manqué d'amour et je suis en colère contre celui qui me le reprend ou ne me le donne pas.” A priori la haine ne semble pas compatible avec l’amour, car on a tous compris qu’aimer ce n’est pas détester, encore moins haïr. Donc, comment puis-je aimer ses parts de moi qui ont du plaisir à détester ou faire mal aux autres ? 

Si j’ai de la haine, autant aimer ma haine et lui donner une juste place, en trouvant les moyens de son accueil et de sa transformation. Je peux me rappeler que la haine, c’est de l’amour déçu ou du manque d’amour. Ainsi, si je deviens misanthrope, je peux regarder dans mon passé et dans celui de mes ancêtres pour sentir tous les manques d’amour que je porte en moi. Je peux alors me donner du temps, pour recevoir de l’amour, demander à des gens de m’aimer, de me montrer ce que cela fait d’aimer. Je peux aussi aimer, en prenant le risque de ne pas l’être en retour à la hauteur de mes manques.

A trop vouloir aimer, je peux perdre de vue que l’amour est un état dans lequel j’aime bien me sentir. Un état d’amour dans lequel tout est amour. Parfois cet état d’amour se perd, et je peux vouloir me forcer à aimer, sans même m’en rendre compte. Or faire semblant d’aimer est risqué. Ce mensonge à moi-même peut créer des situations de vie douloureuses pour que je réalise que je me mens. Je risque de beaucoup souffrir avant de comprendre que je me mens. La vie n’aime pas le mensonge. 

La vie aime la vérité, tout comme l’amour car le cœur ne ment pas.

Aimer, c’est tout sauf un acte que l’on force. Aimer, ne se décide pas par décret ou une loi. On ne peut obliger personne à aimer, ni à continuer d’aimer.... Il n’y a pas de police de l’amour. Même si l’amour rend policé et même si l’amour est universel, c’est un état que l’on découvre parce qu’on veut bien le sentir et l’expérimenter. Il y a de grandes probabilités qu’en le cherchant on découvre la haine, l’indifférence, la tristesse, une blessure de rejet vécue par le passé et encore bien d’autres états. En ce sens, l’amour guérit.

Comme on tombe amoureux, il n’y a pas d’efforts à faire, car souvent l’amour survient quand on ne s’y attend pas. S’il est un amour de jeunesse, certains pensent qu’il n’est pas sérieux ou qu’il est trop fougueux. La passion et l’amour font-ils bon ménage ? On aime pas l’amour fou, même si on aime être fou (ou folle) d’amour, tant la sensation est agréable.

Certains meurent d’amour. Est-ce leur amour propre ou est-ce de vieux manques d’amour non guéris qui les tuent. Un bébé ou un enfant qui ne reçoit pas d’amour peut en mourir, s’éteindre. L’amour est donc une nourriture essentielle et invisible. Elle s’échange par les mots, des gestes et des regards d’amour. Car l’amour passe par tous nos sens aveugles, on sent l’amour.

Le trop d’amour peut être étouffant parce qu’il empêche de vivre. Il peut être enfermant s'il est pétri de peurs.  Tout comme la jalousie peut se faire passer pour de l’amour, elle est l’expression d’un manque d’amour ancien ou une peur d’être abandonné. L’amour est donc une question de dosage, de réajustements permanents pour faire face à ses peurs, ses colères, ses blessures....et de joies, d’étreintes, de partages ...

L’amour est un jeu, la preuve, quand on s’aime d’amour, on sème de l’amour.

L’amour est une graine, qui germe et éclot dans le cœur des Hommes, pour fleurir dans leurs gestes et leurs paroles, pour diffuser un parfum doux et sucré et pour savourer un nectar divin.

Jean-Guillaume Bellier
Merci à Sophie Schmitt pour sa relecture et ses commentaires éclairés.

9 novembre 2021

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